Le Ministre de la Justice Jo Vandeurzen a visité avec la secrétaire d’Etat néerlandaise à la Justice, Madame Nebahat Albayrak, la prison de Roermond et le Ketenbureau de l’administration pénitentiaire de l’arrondissement de Maastricht et Roermond.
Le 10 juillet 2008, le Ministre de la Justice a visité la prison de Roermond en compagnie de sa collègue néerlandaise, la secrétaire d’Etat Nebahat Albayrak. Précédemment, Madame Albayrak avait déjà visité la prison de Hasselt avec le ministre Vandeurzen. Pendant cette visite à la prison toute moderne de Roermond, une attention particulière a été consacrée au Ketenbureau de l’administration pénitentiaire.
Réinsertion des détenus : la justice n’est pas seule responsable
Le Ketenbureau coordonne, dans l’arrondissement de Maastricht-Roermond, la collaboration entre les partenaires judiciaires et non judiciaires sur les plans tant opérationnel et tactique que stratégique. Concrètement, cela signifie que des accords sont conclus avec des organisations de reclassement et qu’une collaboration est organisée avec les maisons de sûreté, les établissements de soins et les entreprises de réinsertion, afin de sécuriser davantage les Pays-Bas.
Le Ketenbureau souhaite contribuer à la sécurité régionale en se focalisant sur une approche centrée sur la personne du détenu. Dans cette optique, les périodes de détention ne constituent qu’une partie du parcours de vie d’une personne. Le bureau collabore activement avec les différents partenaires judiciaires et non judiciaires. Cette approche est dite « fondée sur le cycle de vie ». Tout le cycle de vie d’une personne est important et c’est notamment la raison pour laquelle une approche intégrée est également indispensable. L’autorité locale, et notamment la commune de résidence du détenu, joue un rôle important.
Supprimer les facteurs préjudiciables
Le Ketenbureau contribue à la mise en œuvre du projet national “Aansluiting Nazorg”. Dans le cadre de ce projet, chaque détenu est évalué par un collaborateur du service social (CSS) dans les dix jours ouvrables de son entrée dans l’établissement pénitentiaire. Le résultat de cette évaluation est communiqué à la commune, ainsi que la date de la fin de la détention. Pendant la détention, le CSS tente de trouver, avec la commune et le détenu, des solutions aux problèmes existants, et ce pour supprimer autant que possible les facteurs ayant favorisé la commission du délit. On arrive ainsi à retarder ou à écarter toute récidive. Le dernier bilan est communiqué à la commune d’origine huit semaines avant la fin de la détention, au moyen d’un document de transmission. Si la peine a duré moins de huit semaines, cette communication a lieu le plus longtemps possible à l’avance.
Diminution réussie du taux de récidive
Un autre projet consiste dans le programme national “Terugdringen Recidive” (Diminution de la récidive). Le détenu et son comportement occupent une place centrale dans ce programme. Pour éviter que les détenus commettent à nouveau un délit après leur peine privative de liberté, il importe de savoir pourquoi il ou elle retomberait dans la criminalité. C’est ce qu’on appelle les facteurs criminogènes. Sur base de ces facteurs, des accompagnants de l’administration pénitentiaire et des collaborateurs du reclassement établissent un plan de réinsertion. Pour ce faire, ils collaborent avec de nombreux partenaires judiciaires et non judiciaires.
Une évaluation du projet montre que grâce à cette approche, la récidive a diminué de 25%, qu’elle survient moins fréquemment et qu’elle est également moins grave. Ce résultat positif est le fruit d’un travail sur mesure, ciblé (besoin, risque, réactivité), centré sur les facultés cognitives et le comportement, l’accompagnement et le coaching. La continuité est garantie par une collaboration avec des organisations externes où l’on s’oriente vers des objectifs communs.
Approche distincte pour les multirécidivistes
Les Pays-Bas pratiquent également une approche distincte pour les multirécidivistes. Le juge peut imposer une mesure de maximum deux ans pour les multirécidivistes. La mesure est entièrement ou partiellement mise en œuvre dans un établissement pour “auteurs systématiques”. Il s’agit d’adultes qui, en cinq ans, ont reçu plus de dix procès-verbaux de la police. Pendant le séjour, l’administration pénitentiaire prépare le multirécidiviste à un retour réaliste dans la société. Pour ce faire, l’administration pénitentiaire suit une méthode ciblée. A la fin de la détention, la commune commence déjà à coordonner le suivi. Cette approche intégrée doit aider le multirécidiviste à ne plus retomber facilement dans la criminalité. Le projet révèle que les efforts particuliers faits à l’égard des multirécidivistes sont rentables et permettent en définitive d’éviter beaucoup de nuisances. Ce projet est également géré par le Ketenbureau.